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06.02.2012
Bourses : pourquoi on peut jouer les valeurs moyennes

Mieux orientées que les grandes valeurs pendant plusieurs années consécutives, les valeurs petites  et moyennes de la zone euro ont en revanche amplifié la chute des marchés actions en 2011. Leur rebond est un peu plus accentué en ce début d’année. Sont-elles plus ou moins chères que les grandes ? Plus exposées aux déconvenues ?

Les acquisitions d’entreprises, qui les concernent plus, vont-elles se poursuivre ? Nous tentons de répondre à ces questions qui nous donneront un éclairage sur les perspectives du fonds CCR
Mid Cap Euro pour 2012.

Des écarts de valorisations logiques et d’ampleur modeste.

Comparer les niveaux de valorisation des grandes valeurs à l’ensemble des petites et moyennes nous
oblige à raisonner secteur par secteur, en distinguant deux cas de figure :

 Les secteurs dans lesquels la taille constitue un facteur clé de succès, parce qu’elle permet de mieux amortir des coûts de marques, de recherche et développement ou d’études : la pharmacie, l’agro-alimentaire, les logiciels… On constatera ci-contre que cette décote est respectée pour l’agro-alimentaire et les logiciels, mais
qu’elle est légèrement inversée dans le secteur pétrolier, ce que justifie vraisemblablement le succès plus probant de l’exploration des indépendants par rapport aux majors ces dernières années. Pour la même raison, les grands laboratoires présentent des décotes substantielles par rapport à leurs plus petits concurrents.

 Dans la plupart des autres secteurs, les grands acteurs mondiaux ne présentent pas vraiment d’avantages économiques déterminants par rapport à de plus petits concurrents, et l’on pourra seulement opposer la meilleure diversification des uns à l’esprit d’entreprise plus accentué des
autres.

Une classe d’actif particulièrement exposée aux déceptions à venir sur les résultats ? L’univers des valeurs moyennes est effectivement plus fourni en secteurs cycliques que celui des grandes, et à ce titre globalement plus exposé aux révisions en baisse des prévisions de résultats 2012. Sans pour autant nier ce fait, nous pouvons faire deux observations :

 Pour bon nombre de secteurs ce risque est reflété par une moindre valorisation des plus petites valeurs,

 Certaines grandes entreprises se sont montrées particulièrement ambitieuses dans leur stratégie de croissance externe ces dernières années et, étranglées par des ratios d’endettement élevés, elles doivent céder des actifs à bas prix, dans lurgence. Cela explique que dans le secteur cimentier elles présentent des décotes par rapport à leurs concurrents plus petits… et plus prudents.

 

Les acquisitions d’entreprises cotées : un moteur toujours en marche.
Le cycle du « M&A », reparti en 2010 dun point bas, est-il interrompu par la crise européenne ? Nous ne le pensons pas mais il va connaître quelques évolutions.

La force de frappe des fonds de private equity est limitée par le peu d’enthousiasme des banques à leur prêter, ce qui pénalisera la taille de leurs acquisitions. Par ailleurs la période économique et boursière est propice aux rachats de leurs filiales cotées par leurs actionnaires majoritaires, quils soient industriels, familiaux ou financiers. Ces deux thèmes sans surprise, seront surtout à jouer dans lunivers des valeurs
petites et moyennes.

Comment CCR Mid Cap Euro se positionne-t-il dans ce contexte ?
La valorisation étant la clé du processus dinvestissement de notre équipe, il nest donc pas surprenant que le fonds soit composé de titres moins bien valorisés par rapport à son indice de référence, lEurostoxx Mid. La décote atteint 17% pour le ratio cours/fonds propres mais seulement 9% pour celui de la rentabilité de ces fonds propres : sur ces deux critères nous détenons donc des valeurs un peu moins rentables que celles de lindice mais sensiblement plus décotées par rapport à la valeur de leurs actifs, ce qui est encourageant, toutes choses égales par ailleurs !

En dépit des déceptions toujours possibles sur les résultats - le distributeur alimentaire belge Delhaize a d'ailleurs déjà déçu sur ses résultats en début d'année- le fonds est constitué d'entreprises aux
bilans très solides, ce qui devrait limiter les conséquences d’éventuelles déconvenues opérationnelles. D'autre part, de nombreux acteurs ont le savoir-faire nécessaire pour croître par acquisitions ou gains organiques de parts de marché, si leur environnement se durcissait. Les fusions et acquisitions continueront, comme les années précédentes, de constituer un thème important de ce fonds. Début janvier nous avons cédé Wavin (Pays-Bas, fabricant de tubes plastiques) qui présentait une belle plus-value à la suite des 3 relèvements de l'offre d'achat du groupe Mexichem. Le spécialiste luxembourgeois de l’acier inoxydable Aperam réalise quant à lui la meilleure performance du fonds en janvier, la fusion annoncée entre ses rivaux
Outokumpu et Thyssen éclaircissant les perspectives du secteur. Par ailleurs RTL, Mobistar, Ciments Français ou Puma seront vraisemblablement concernés par les rachats de filiales évoqués plus haut.

En demeurant fidèles à notre processus de gestion, et en étant disciplinés sur des objectifs de cours à l'achat et à la vente, l'année 2012 -même si la volatilité reste forte- devrait être favorable à un retour de la surperformance, après une année 2011 particulièrement défavorable aux gestions "Value", durant
laquelle le fonds a baissé dans les mêmes proportions que son indice. Les premières semaines de 2012 sont de ce point de vue, encourageantes.

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